Suis-je encore enseignant si l’IA prépare une partie de mes cours ?
Pendant des années, pour préparer mes cours d’université ou de cycle ingénieur / master, je m’abonnais à plusieurs plateformes spécialisées.
Des sites pour le développement logiciel, la gestion des données, l’analyse de données, l’intelligence artificielle, l’architecture, les bonnes pratiques, etc.
Je lisais, je synthétisais, je préparais mes transparents, je construisais mes supports, souvent avec GitHub Pages pour donner un accès en ligne à mes étudiants.
Je faisais aussi des vidéos pour expliquer les notions importantes, revenir sur les points difficiles, ou prolonger le cours après la séance.
C’était passionnant, mais très consommateur en temps.
Et aussi en budget : chaque domaine avait ses ressources, ses abonnements, ses mises à jour, ses outils.
Aujourd’hui, avec un abonnement à une IA sérieuse — que ce soit Google, OpenAI, Anthropic ou une autre solution majeure — une grande partie de ce travail change profondément.
Je peux reprendre mes anciennes notes, mes anciens cours, mes supports, mes exemples, mes références.
Je peux les structurer, les enrichir, les transformer en synthèses, en transparents, en fiches de révision,
en quiz, en exercices progressifs.
Avec des outils comme NotebookLM, je peux construire un assistant basé sur mes propres documents, mes propres cours, ma propre progression pédagogique.
Et là, une vraie question se pose :
Suis-je moins enseignant parce que l’IA m’aide à préparer ?
Je pense exactement l’inverse.
L’IA ne remplace pas l’enseignant.
Elle déplace son rôle.
Avant, une grande partie de mon énergie partait dans la recherche, la compilation, la mise en forme, la création de supports, la production d’exercices.
Aujourd’hui, cette partie peut être accélérée.
Mais ce qui reste — et qui devient encore plus important — c’est le cœur du métier :
- faire comprendre,
- donner du sens,
- motiver,
- coacher,
- orienter,
- corriger,
- challenger,
- adapter le discours au niveau réel des étudiants,
- faire le lien entre la théorie, la pratique et le monde professionnel.
L’IA peut générer un exercice.
Mais elle ne sait pas toujours pourquoi cet exercice est pertinent pour ce groupe précis,
à ce moment précis de leur apprentissage.
L’IA peut produire un résumé.
Mais elle ne voit pas les regards perdus dans la salle.
L’IA peut expliquer un concept.
Mais elle ne remplace pas l’expérience de l’enseignant qui sait dire :
“Attention, ici vous croyez avoir compris, mais dans un vrai projet, c’est là que vous allez vous tromper.”
Le métier change.
L’enseignant n’est plus seulement un producteur de contenu.
Il devient davantage un architecte de parcours, un guide, un coach,
un médiateur entre la connaissance, les outils et l’étudiant.
Et finalement, c’est peut-être une bonne nouvelle.
Parce que préparer des slides n’a jamais été la partie la plus noble du métier.
La vraie valeur est ailleurs : dans la pédagogie, l’accompagnement, l’exigence,
la transmission de l’expérience, et la capacité à donner envie d’apprendre.
Donc non, je ne pense pas que l’IA fasse disparaître l’enseignant.
Elle oblige simplement l’enseignant à se recentrer sur ce qu’il aurait toujours dû être :
moins un distributeur de contenu,
plus un révélateur de compétences.
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