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LAPIDAIRE – La faillite de la « guerre contre la drogue » en chiffres


C'est le prix de vente d'un gramme de cocaïne pure pour un consommateur lambda aux Etats-Unis, selon les chiffres de la Drug Enforcement Administration (DEA). Le prix du gramme a chuté de 74 % en 30 ans, et de 16 % depuis 2001. Cette tendance se vérifie pour toutes les drogues, de la méthamphétamine à l'héroïne. La seule dont le prix n'a pas baissé pendant cette période est le cannabis.
"Ce chiffre [le prix du gramme de cocaïne] résume à lui tout seul le bilan de la "guerre" menée par les gouvernements américain et mexicain pour éradiquer les drogues illégales dans les rues des Etats-Unis, résume le New York Times. Ce qu'il dit, en substance, est que cette lutte, qui a coûté des milliards de dollars et des dizaines de milliers de vies depuis quatre décennies, est un échec. La guerre contre la drogue ne peut être gagnée. Une fois qu'ils auront compris cela, les gouvernements américain et mexicain pourront se concentrer sur ce qui compte vraiment : la santé et la sécurité de leurs citoyens."
C'est ce que dépense le gouvernement fédéral américain chaque année dans des activités dites de "contre-espionnage narcotique", et ce depuis une dizaine d'années.
C'est le nombres d'étudiants en dernière année de lycée aux Etats-Unis qui admettent avoir utilisé des substances illégales en 2001. C'est une augmentation de 30 % en vingt ans, selon une étude de l'institut Monitoring the Future. Pour la cocaïne, 2,9 % des étudiants en dernière année de lycée ont admis en avoir consommé, ce qui représente une légère baisse par rapport à 1992. Quant aux médicaments sur ordonnance, 15 % des mêmes élèves admettent en avoir utilisé. Comme le rappelle le NYT, "il y a vingt ans, les médicaments sur ordonnance n'étaient même pas comptabilisés dans ce type d'étude".
C'est le nombre de citoyens américains qui pensent que le gouvernement fait des progrès dans la lutte contre les drogues. C'est le pourcentage le plus bas depuis 1997, selon l'institut Gallup, qui fait ce type d'études depuis des décennies.
C'est le nombre de citoyens américains qui estiment que les drogues sont un problème sérieux ou extrêmement sérieux dans leur lieu de vie. C'est le pourcentage le plus bas en une décennie.
C'est le nombre de personnes arrêtées en 2010 aux Etats-Unis pour des délits liés à la drogue, du trafic au meurtre en passant par la simple possession de substances illicites. Actuellement, un prisonnier sur cinq est incarcéré pour ce type de délit aux Etats-Unis.
C'est le nombre de personnes mortes au Mexique dans des crimes liés directement ou indirectement au trafic de drogues depuis que le désormais ex-président Felipe Calderón a lancé une vaste offensive contre les cartels de narcotrafiquants. Ce bilan ne comptabilise pas les dizaines de milliers de personnes tuées dans d'autres pays d'Amérique centrale.
C'est, selon les calculs de l'économiste de Harvard Jeffrey Miron, la somme qu'empocherait annuellement le gouvernement américain s'il décidait de légaliser toutes les drogues actuellement illégales. Cette voie est défendue par l'actuel président du Guatemala Otto Perez, dont le pays est sous le joug des cartels.
Une autre solution, préconisée notamment par la Global Commission on Drug Policy, un think tank réunissant d'anciens présidents du Mexique, de Colombie, du Brésil, du Chili et de Pologne, est la dépénalisation des drogues. Un débat en ce sens a eu lieu récemment lors du sommet des Amériques, à Carthagène (Colombie), sans résultats concrets.
Dans une tribune au Monde, le sociologue Jean-Michel Costes martèle que le débat "sur la 'légalisation'", est plus que jamais nécessaire. "Combien faudra-t-il de morts supplémentaires pour se rendre à l'évidence que l'approche actuelle mène à une impasse et pose un problème de santé publique ? En France, la loi du 31 décembre 1970 sur les drogues est une loi d'exception. C'est le seul domaine dans lequel un individu est passible d'une peine d'emprisonnement pour un dommage qu'il se fait à lui-même. Peut-on en effet imaginer sur le plan éthique de prévenir et d'agir sur le suicide en mettant en prison ceux qui en commettent des tentatives ? Dépénaliser ce comportement, c'est se donner plus de chances d'atteindre ce public et de rendre plus efficaces les dispositifs sanitaires sociaux."
En France, 70 % des personnes restent hostiles à toute dépénalisation, selon un sondage IFOP datant de juin, dont 60 % des 18-35 ans.

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